C'est une bande de joyeux chercheurs, réunis au sein de l'équipe de LISA (Light Innovative Sport Aircraft, une jeune entreprise savoyarde de création et de construction d'avions) qui est venue chercher Benoît Senellart directement sur les bancs de sa faculté d'ingénieurs.
« LISA avait besoin d'un jeune ingénieur pour les accompagner dans un projet de construction d'un tout nouvel avion, plutôt ULM, mais capable de décoller et d'atterrir à partir de n'importe quel terrain, y compris d'un plan d'eau. L'idée m'a littéralement passionné, raconte-t-il, car il n'y a rien de plus passionnel, j'allais dire charnel, que créer de toutes pièces un avion. » Comme tous ses collègues – de vrais amis, confie Benoît – il a la passion des choses de l'air. Alors vous imaginez : créer un avion !
Avec une grande pudeur, Benoît précise qu'il n'est évidemment pas un professeur Tournesol de l'aérien. Pas du tout. « Je suis juste un dingue de la création ! » Et leur bébé n'est que le fruit d'un travail d'équipe où chacun a sa place. Il aime s'assoir devant son ordinateur et se lancer dans des calculs de portance, d'aérodynamique, de vitesse, de résistance. « C'est toute ma vie ! » Sa vie ? Elle a donné naissance à ce fameux aéronef biplace à hélices, l'Akoya, mi-avion, mi-hydravion, qui vole depuis cet été pour obtenir prochainement sa certification. « L'accouchement a été difficile, avec son florilège de nuits blanches, mais quelle émotion, se rappelle Benoît, lorsque le pilote d'essais a décollé seul à bord de l'Akoya pour la première fois. Que d'efforts récompensés. Il faut savoir que pour les premiers essais aérodynamiques, nous avions placé l'aile de l'avion sur le toit… d'une voiture, avec une simple webcam et quelques capteurs scotchés sur ce banc d'essais improvisé… » Pour autant, l'Akoya répond à un besoin de pilotes privés, et son carnet de commandes dépasse déjà les dix exemplaires. Aujourd'hui, Benoît et ses co-équipiers planchent déjà sur d'autres projets fous : notamment l'Hy-Bird, un avion expérimental qui n'utilisera que l'énergie solaire et l'hydrogène liquide pour réaliser ni plus ni moins que le tour du monde… sans escale et sans avoir rejeté un seul gramme de CO2. Vous avez dit génie créateur ?