Drones civils à la conquête du ciel
Entre voisins N0 12, juillet 2008, Cyril Flouard
Avec l'apparition des drones, le ciel est en passe de devenir un lieu de travail A part entière, donc une nouvelle source de progrès, mais aussi de richesses. Désormais, l'activité au quotidien va s'y développer, se diversifier, se banaliser. Dés lors, l'imagination, elle aussi, décolle… mais des problèmes de sécurité restent à résoudre !
- Qui aurait imaginé, il y a vingt ans, pouvoir téléphoner depuis une pirogue sur l’Amazone à sa belle-mère en France, afin que le guide Yanomami lui passe le bonjour ? De la même façon, qui nous dit aujourd’hui que dans quelques années, on n’enverra pas un drone chercher le journal au coin de la rue ? Industriels, investisseurs ou consommateurs, nombreux sont ceux qui rêvent aujourd’hui de la conquête de cette nouvelle terra incognita technologique, aux frontières sans cesse repoussées vers les confins obscurs de la science- fiction. Avec le temps, l’homme devrait être amené à déléguer à ces robots volants de plus en plus de tâches et prérogatives de tous ordres, à part peut-être, le droit de vote…
Depuis quelques années déjà, le marché des drones s’ouvre progressivement au marché civil, comme ont pu le constater les visiteurs de l’édition 2003 du salon du Bourget marqué par la forte présence des drones. Les premières applications commerciales abordées par les constructeurs concernent le travail en zones dangereuses (réacteur nucléaire, zone contaminée ou à faible taux d’oxygène). Même chose pour les travaux à risques (inspection d’ouvrages d’art en altitude, détection et protection contre les incendies et feux de forêts), ou dans le domaine de la sécurité civile (recherche de disparus en mer ou en montagne).
-
- Malgré tout, le marché des drones se cherche encore, entre rêve et réalité. Sylvestre Gallice, chargé de la sécurité du viaduc de Millau pour la compagnie Eiffage, assure avoir pensé au recours aux drones pour l’inspection de l’ouvrage d’art, mais regrette de n’avoir reçu pour l’instant aucune proposition commerciale concrète de la part des entreprises contactées. Pour Jean-Marie Guin, du service communication de Météo France, aucun système de drone n’est à l’étude actuellement. Il pointe la préférence du satellite à l’utilisation de drones pour d’éventuels relevés climatiques : d’ici à 2015, la technologie d’imagerie par satellite devrait permettre de remplacer directement les ballons sondes pour les relevés dans l’atmosphère de température, humidité, force et direction des vents.
-
- En attendant, certains bijoux technologiques voient le jour, tel Aelius, très attendu au Bourget 2007 : cet oiseau de mer artificiel est le premier drone amphibie. Conçu par de jeunes ingénieurs français, il est capable de plonger en plein vol dans l’océan, jusqu’à 500 mètres de profondeur…Mais si le potentiel de ce marché de la conquête du ciel est énorme (on l’estime au moins à 10 milliards de dollars à l’horizon 2015), l’absence de législation en la matière freine son développement et fausse son évaluation en Europe comme aux États-Unis. En effet, l’intégration d’avions sans pilote dans l’espace civil aérien pose avant tout des problèmes de sécurité : aucun engin ne doit bien sûr risquer de tomber ni de perturber le trafic. Sans pilote à bord, la règle de base du “voir et éviter” pose la double question de la certification des équipements de navigation et d’une réglementation adaptée au trafic. D’après Claude Le Tallec, du département Prospective et synthèse de l’Onera (Office national d’études et de recherches aérospatiales), « si plusieurs systèmes ont été proposés, le législateur aurait dû anticiper ces problèmes afin d’éviter ce retard d’ouverture du marché ».
-
- L’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA), en liaison avec l’organisation Eurocontrol et la Commission Européenne, planchent avec plusieurs constructeurs à des solutions, mais les premiers résultats concrets ne devraient pas voir le jour avant 2011. De son côté, Michel Guilhot ne semble pas s’alarmer de ces contraintes : inventeur du drone EyesFly, il peaufine les derniers essais de sa soucoupe volante à double voilure tournante dans des espaces dégagés à moins de 150 m d’altitude, sous la zone réservée aux ULM. Prises de vues ou détections en tous genres, l’engin de 1,40 m de diamètre pour 8,5 kg autorise à son heureux propriétaire des explorations jusqu’à 15 km de distance sans se transformer en citrouille via une transmission vidéo. À l’issue d’une journée de formation par le vendeur, celui-ci délivre au pilote en herbe un permis d’utilisation et un code antivol. Avec 5 000 heures de vol garanties pour un coût moyen de 80 000 euros, le joujou modulable peut être équipé d’accessoires robotisés pour se fixer à une paroi ou saisir des objets. Comme, par exemple, un journal...
Vous souhaitez envoyer cet article à un ami : merci d'utiliser le formulaire ci-dessous (vous devez être authentifié).Tous les champs sont obligatoires
|
|
|
>> Historique
La voie aux premiers essais de drones a été ouverte sur le terrain militaire afin d’épargner de trop grands risques aux pilotes.
Depuis la deuxième guerre mondiale, le champ d’application des drones militaires s’est élargi au fil des avancées technologiques, notamment à partir de la première guerre du Golfe pour des missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.
Aujourd’hui, de nouveaux drones de combat, ou UCAV, Unmanned Combat Aerial Vehicle, sont à l’essai : parmi les plus représentatifs, on peut citer le X-45 américain de Boeing Drones et le nEUROn européen, issu d’un consortium de constructeurs européens dont Dassault, Thalès, Saab et EADS.
|
|
>> Qu’est-ce qu’un drone ?
Ce mot anglais qui signifie bourdon a été adopté par la communauté internationale pour désigner officiellement un engin volant sans pilote.
Les drones répondent également au nom d’UAV, pour Umanned Aerial Vehicle. Si l’on s’en tient à cette acception, rien de très nouveau : les enfants, petits ou grands, s’amusent depuis belle lurette à faire voler toutes sortes de bidules télécommandés. D’après les spécialistes, le drone se distingue d’une machine d’aéromodélisme de loisir par son autonomie et son utilisation, militaire ou commerciale. On en trouve de toutes les tailles (de quelques centimètres à plus de trente mètres d’envergure) et de toutes les formes : les voilures peuvent être fixes (type avion) ou tournantes (type hélicoptère). On trouve aussi des systèmes d’aérostats, héritiers du dirigeable.
|
|
<%@ Page Inherits="Microsoft.SharePoint.Publishing.TemplateRedirectionPage,Microsoft.SharePoint.Publishing,Version=12.0.0.0,Culture=neutral,PublicKeyToken=71e9bce111e9429c" %> <%@ Reference VirtualPath="~TemplatePageUrl" %> <%@ Reference VirtualPath="~masterurl/custom.master" %>
Surveillance du territoire : les drones entrent en jeu |
|