Surveillance du territoire : les drones entrent en jeu
Entre voisins N° 12, juillet 2008, Cyril Flouard
Si l’absence de législation relative à l’emploi de drones sur le terrain civil freine énormément leur commercialisation, le potentiel de ces machines n’a pas échappé à l’État français, notamment en matière de surveillance de territoire.
- Un responsable du ministère de l’Intérieur indique que l’État français a engagé mi 2006 une étude de marché auprès de fabricants de drones pour la surveillance du territoire. Dans le cadre de cette étude des plus sérieuses, tous les services de police ont été consultés afin de déterminer les avantages des drones en fonction des profils de missions, classées en deux catégories. Tout d’abord, les missions de “surveillance discrète” (on ne sait pas ce que l’on cherche), qui s’apparentent plutôt à des patrouilles de routine : détection d’objets insolites sur les toits, présence incongrue de personnes dans des lieux dangereux, etc. Le deuxième type de missions correspond au recueil de renseignements précis (on sait ce que l’on cherche) avant une intervention lors d’une prise d’otages par exemple. En outre, le drone permet de filer discrètement une voiture, de détecter un incendie, ou de suivre une manifestation. Au-delà de chaque particularité, un mot d’ordre général : discrétion. De cette exigence découlent plusieurs critères : taille réduite, moteur électrique plutôt que thermique, voilures fixes (type avion) ou tournantes (type hélicoptère) pour la mobilité. Pour des questions de maniabilité, le poids moyen est de 12 kg et ne dépasse pas 25 kg, seuil fatidique déterminant pour les autorisations de vol en milieu urbain.
- Pour lancer un drone en pleine ville, le service de police concerné doit obtenir d’une part une dérogation préfectorale, afin de verrouiller la zone et protéger les personnes. L’autorisation de vol est ensuite soumise à l’accord de l’Aviation civile. Quel que soit le niveau d’exigence, ces autorisations se délivrent toujours au cas par cas. Après la sélection des constructeurs, les premiers essais commenceront à la fin de l’été 2007. Une trentaine de drones devraient ainsi prendre du service sur le territoire français dès la fin 2008
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