Prévenir ou guérir le givrage des avions

​La formation de givre, phénomène dangereux pour les aéronefs, fait l'objet de recherches par les motoristes et les constructeurs sous l'œil de l'Agence européenne de la sécurité aérienne.

Le givre sur les avions est un problème habituel, pris en compte au sol comme en vol. Il a été constaté ces dernières années que lors du vol en altitude, ce phénomène était plus fréquent du fait peut-être du changement climatique et sûrement de l'augmentation du trafic aérien dans des régions du globe où le climat est favorable à la formation de givre en altitude.
 
Le givre présente un danger tout d'abord pour le moteur de l'aéronef. Il peut se former à l'entrée du compresseur.  Si la glace s'accumule et se rompt, elle peut endommager le moteur. Le givre est aussi susceptible de s'accumuler sur certaines parties de la cellule : attaque d'aile, fuselage, empennage, cockpit, etc. Cette accumulation peut avoir pour conséquence l'augmentation de la masse de l'appareil et l'altération de l'aérodynamique qui peuvent entrainer le décrochage de l'avion. Sur les dérives et les volets la formation de glace peut réduire leur navigabilité ; sur le cockpit, la visibilité sera réduite.
 
Les pilotes disposent de techniques pour procéder au dégivrage. La technique mécanique consiste à alternativement gonfler et dégonfler des boudins pneumatiques situés au bord d'attaque des ailes. La technique thermique utilise l'air chauffé par les moteurs ou l'électricité. Les moyens électriques sont grands consommateurs d'énergie et leur usage est réservé à quelques équipements tels que les antennes anémométriques, les entrées d'air, les glaces des pare-brise et les pales. L'air chauffé est quant à lui utilisé pour les bords d'attaque d'ailes et d'empennages mais aussi pour les entrées d'air des réacteurs.
 
L'imprécision des systèmes de détection actuels rend difficile la prise de décision par le pilote de la mise en œuvre de tel ou tel système de dégivrage. Le capteur peut être pris par le givre alors que le reste de la cellule n'est pas affectée. Un autre type de capteur détecte les conditions où se forme le givre.
 
Deux nouveaux systèmes de détection sont à l'étude ; tous deux détectent la présence de gouttelettes susceptibles de former du givre au contact de la surface de l'appareil ou dans le réacteur. Ces systèmes permettront de mieux gérer l'activation du dégivrage et permettront l'économie d'énergie.
 
Mis en ligne le 28 novembre 2013
Test de givrage naturel sur le Gulfstream G280
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