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L'avion de demain 

 

Prétentions hypersoniques

 

Au moment où les ingénieurs occidentaux, arcboutés sur leurs feuilles de calcul, préparent l’avion de demain, d’autres planchent déjà sur celui d’après-demain. À cent lieues (ou presque) au-dessus de ces contingences subsoniques de bas étage, la firme britannique Reaction Engines, en partenariat avec l’Agence spatiale européenne, travaille sur un projet d’avion révolutionnaire capable d’atteindre la vitesse de Mach5.

Boeing a dévoilé le projet d’un cargo géant de 150 mètres d’envergure utilisant l’effet de sol pour traverser les océans avec 680 tonnes de fret dans ses soutes. Il existe aussi des projets d’avions orbitaux capables de relier New York à Tokyo en 2 heures de vol. Mais, à notre stade de connaissances, de tels projets relèvent de la science-fiction.
 
Quant à voir revoler un avion supersonique, il faudra encore attendre que les bureaux d’études aient trouvé la solution du double bang généré au moment du franchissement du mur du son. La Nasa mène des recherches en ce sens. Pour l’heure, elle n’est parvenue qu’à atténuer ce phénomène parasite, sans réussir à le supprimer entièrement, ce qui interdit de fait le survol de zones habitées.
 
Et surtout il faut pouvoir le faire voler de manière économique, et là une solution est très loin d’être en vue. S’il est impossible de définir le successeur de l’A380, en revanche, il est certain que ce sera un avion encore plus respectueux de son environnement que l’est l’A380.
 
Toutefois, un paramètre radical risque d’entrer en jeu. Si la planète Terre maintient sa consommation de pétrole sur son rythme actuel, d’ici une quarantaine d’année, les réserves seront épuisées. Quelle sera alors l’énergie disponible pour faire voler les avions, sachant toutefois que les avions seront sans doute les derniers à utiliser ce combustible qui leur sera réservé, les autres utilisateurs ayant pu passer à d’autres sources d’énergie plus facilement ?

 

Un tel avion relèguerait sans doute le Concorde au rang de gentille gondole du ciel pour poètes égarés. Le moteur ? Un turboréacteur amélioré alimenté à l’hydrogène liquide (vols exclusivement non fumeurs). Côté confort, eu égard aux températures extérieures supérieures à 1 000 degrés générées par le frottement de l’air à des vitesses aussi démentielles, les ingénieurs ont préféré faire fi de quelques hublots jugés par trop dangereux pour les passagers (on envisage de les remplacer par des écrans vidéo qui retransmettraient virtuellement la vue extérieure). Que les claustrophobes non amateurs de réalité virtuelle se rassurent, le voyage ne sera pas long : la bestiole hypersonique de 135 mètres de long pourrait rallier Bruxelles à Sydney en 4 heures 40 minutes. Un dimanche après-midi sur la grande barrière de corail ? D’ici vingt-cinq ans, promis, on vous emmène.