Les winglets, une invention retrouvée

Les winglets sont des appendices recourbés installés au bout des ailes d’un avion. Ils servent à réduire la traînée aérodynamique engendrée par les écoulements d’air turbulents aux extrémités des ailes. Ces turbulences créent une sorte de vortex (tourbillon) visibles en cas de forte condensation. En réduisant ces turbulences, les winglets réduisent aussi la traînée induite et permettent d’économiser du carburant tout en augmentant l’autonomie des avions.

Premiers souffles
Les winglets ont été conçus dans les années 1970 par l’américain Richard Whitcomb, l’un des plus grands spécialistes de l’aérodynamique du vingtième siècle. Pendant ses travaux dans une soufflerie de la NASA, il s’aperçut que des embouts courbés fixés en bout d’ailes augmentaient nettement les performances aérodynamiques de l’avion. Et de préciser que pour lui «ce sont des petites ailes. C’est pourquoi je les ai appelées winglets ». Mais à l’époque du pétrole relativement bon marché, le développement des winglets n’était pas encore une priorité pour les compagnies aériennes. La crise devait pousser les avionneurs mondiaux à sortir le concept des tiroirs vingt ans plus tard. Chez Boeing, les travaux du Dr Gratzer, chef du service de recherche aérodynamique, aboutirent en 1998 aux premiers tests de winglets sur un 737-800.
 
Winglets et sharklets, même combat
De son côté, Airbus avait également testé ces systèmes sur les programmes A300 et A310 avant de les développer sur les A320 et de les généraliser sur les A330, A340 et A380. Histoire de ne pas être en reste, l’avionneur européen a récemment breveté sa propre version des winglets sous le nom de sharklets, dont la forme rappelle des ailerons de requin. D’une taille de 2,5 m pour 200 kg, ces winglets dernière génération ont été testés fin 2011 sur un A320 depuis l’aéroport de Toulouse. Résultat : une économie de 3,5 % de carburant et de 700 tonnes de CO2 par an en moyenne. Les sharklets seront installés sur les futurs A320-Néo pour compléter les gains de 15 % carburant annoncés des nouveaux réacteurs d’Airbus. Quel que soit leur nom, les winglets sont aujourd’hui présents sur l’immense majorité des avions modernes.

 

Mis en ligne le 3 janvier 2012, Cyril Flouard

  • Winglet A319
    Winglet A319
  • Winglet A320
    Winglet A320
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Les sharklets de l'Airbus A320

Éco-efficacité

Hauts de 2,4 m, ces ailerons permettent selon Airbus de réduire l'émission de CO2 jusqu’à 4% sur les longs trajets, ou au choix, d’augmenter la capacité d’emport de 450 kilos ou d’allonger le rayon d’action de l'avion de 185 kilomètres. L'empreinte sonore est également atténuée.