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Le charter à l’école du web

Charter. Un mot qui fleure bon le monoï et les plongeons en maillot de bain orange dans les piscines des grands hôtels d’Agadir, entre deux films de Belmondo. En anglais dans le texte, le terme désigne "l’affrètement" ou la réservation d’un avion pour un voyage ponctuel. Ce système permet aux tour-opérateurs ou voyagistes, de transporter leurs clients à moindre coût vers des destinations saisonnières grâce à de substantielles économies d’échelle.
Né dans les années 1970, l’envol du charter est fortement lié à celui du Boeing 747. Utilisé par les grands tour-opérateurs, le premier gros porteur de l’histoire a marqué l’avènement du tourisme de masse en démocratisant l’accès aux vacances vers des destinations plus ou moins lointaines telles que, Pacifique, Caraïbes ou océan Indien.

Concurrence low cost
Au cours des dix dernières années cependant, le développement d’internet a changé la donne. Avec l’arrivée de la vente directe en ligne, les grands tour-opérateurs se mettent à la page web. Enfin le développement des compagnies low cost et de leur offre vers les destinations de vacances adriatiques ou méditerranéennes est venu ajouter un caillou supplémentaire dans la chaussure des voyagistes, occasionnant au passage quelques dégâts collatéraux dans les rangs des caciques du charter.
Ainsi le président de Corsairfly (ex- Corsair de Nouvelles Frontières), après une série de déboires financiers, annonçait récemment sa volonté de « ne plus rien avoir à voir avec une compagnie charter » pour faire de Corsairfly « une compagnie régulière de premier plan ».

Bientôt les vacances
Aujourd’hui, si les séjours tout compris semblent bien protégés par le marché du tourisme familial, la plupart des compagnies charter comme XL Airways ou Air Méditerranée proposent des vols secs sur le web pour compléter leurs ventes de sièges aux tour-opérateurs. Un modèle commercial à cheval entre charter et low cost sur lequel Air France-KLM avait misé dès 2007 en créant la compagnie Transavia. Son président Lionel Guérin évoque pour www.entrevoisins.org une formule encadrée par des critères low cost (progression en heures de vol, contrats à long terme avec les partenaires et distribution internet), tout en jouant sur la complémentarité « soit en vol 100 % charter, soit en vol partiellement réservé par les particuliers via internet ou call centers ». Malgré un contexte difficile, les 24 nouvelles lignes ouvertes ces deux dernières années montrent que la recette de Transavia (25 % de vols charters et 75 % de vols réguliers) tient bien la distance. C’est bientôt les vacances ?

Cyril Flouard - 30 juin 2011

Passagers sur passerelle
© DR

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La compagnie française Europe Airpost a développé un modèle commercial original : transporter des passagers le jour et des marchandises la nuit. Une double activité rendue possible grâce à un type d’avions astucieux, les Boeing 737-300 Quick Change. Grâce à un système bien pensé, ces appareils modulables permettent la suppression des sièges passagers en une vingtaine de minute pour permettre le chargement du fret dans la cabine. Cette formule unique permet à l’héritière de l’Aéropostale d’assurer à ses avions un maximum de rotations sur 24 heures. Le transport de passagers s’effectue notamment en mode charter via la réservation de tours opérateurs. La compagnie dessert les grandes villes françaises telles que Paris, Bordeaux, Brest, Lyon ou Marseille, ainsi que les grands aéroports d’Europe et du bassin Méditerranéen. La compagnie a transporté 780 000 passagers et 650 000 tonnes de fret en 2010.