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Les low cost

Pour le cabinet de consultants anglais York Aviation, les compagnies low cost deviendraient majoritaires dans le ciel de la vieille Europe en 2020. Analyse.

Après avoir fait ses preuves aux Etats-Unis dès les années 1970 avec la compagnie Southwest, le transport aérien low cost a connu un développement significatif en Europe avec Ryanair à la fin des années 1990. Une explosion due essentiellement à la libéralisation du ciel européen mettant fin aux monopoles des compagnies nationales dans leurs propres pays.
La formule du low cost (classe de voyage unique, ciblage des destinations à fort potentiel de clientèle, optimisation du nombre de sièges et du temps de vol quotidien, vente directe par internet) permet aux opérateurs de réduire les coûts d’exploitation pour offrir des tarifs jusqu’à 60 % moins chers que ceux des compagnies traditionnelles.
Au cours des années 2000, une multitude de compagnies low cost se sont lancées à la conquête du ciel européen avec des succès très mitigés. Mais les survivants de cette authentique guerre des prix en sont sortis renforcés, laissant apparaître deux grands modèles commerciaux sur le marché du low cost.

Ryanair, la version pure et dure
Première low cost historique européenne, Ryanair conserve un modèle pur et dur calqué sur le modèle américain de Southwest. La signature : une desserte prioritaire des aéroports régionaux et des prix d’appels au ras du sol, avec une qualité de service parfois critiquée par les passagers. Le succès de cette politique commerciale a permis à la compagnie irlandaise d’investir tous azimuts, avec notamment l’acquisition de la filiale Buzz de KLM en 2003. Aujourd’hui première low cost en Europe, Ryanair transporte 73 millions de passagers annuels sur une flotte de 272 Boeing 737-800.

L’école easyJet : le low cost avec un nuage de lait
Face à la hausse de la concurrence et du baril de pétrole, plusieurs low cost se sont implantées sur les aéroports des grandes métropoles afin de capter les grands flux de passagers. Cette stratégie qui se rapproche du modèle commercial des compagnies classiques a été notamment incarnée par la britannique easyJet qui a redressé une situation préoccupante en attirant une clientèle d’affaires. Deuxième compagnie sur le marché français et quatrième en Europe, easyJet a affirmé sa position avec l’achat d’un 200e Airbus en mai 2011.
Ces pratiques commerciales plus confortables ont aidé le low cost à améliorer son image auprès de ses clients. Selon une étude publiée en 2011 par le site AirValid®, les compagnies Air Berlin, SmartWings, airBaltic et Vueling apparaissent désormais en tête du classement des compagnies les plus appréciées par les passagers pour le sentiment de sécurité et de confort en vol.
 
Entre 2005 et 2013, les opérateurs à bas coûts sont passés de 25 % à 40 % de parts du marché européen, avec des progressions moyennes de 14 % par an. De quoi inquiéter sérieusement les compagnies traditionnelles, qui doivent revoir leurs offres commerciales pour conserver leur clientèle à terme.
 
Cyril Flouard, 2015

>> Les low cost cherchent à séduire la clientèle d’affaires

Après une année 2010 marquée par la hausse des prix du carburant, les low cost cherchent de nouveaux relais de croissance auprès des entreprises. easyJet n’avait pas ménagé ses efforts envers le monde du business en renforçant sa présence sur les grands aéroports tels que Paris-Charles de Gaulle. Estampillée « meilleure low cost de l’année » lors des Business Travellers Awards 2010 à Londres, la compagnie orange a poussé l’avantage avec le billet Flexi. Ce tarif disponible en ligne à partir de 99 € inclut un bagage de soute gratuit et la possibilité de changer de vol sans frais jusqu’à 4 mois après la réservation. Un arsenal commercial étonnamment proche de celui du grand concurrent German Wings, la filiale low cost de Lufthansa arborant elle aussi un tarif flex et un prix (Lauriers 2010 des voyages d’affaires). Mais avec 41,6 % de clients d’affaires annoncés, la low cost allemande garde une longueur d’avance sur sa concurrente britannique qui vise les 25 % de passagers pros en 2011.