Biocarburants dans le secteur aérien : un envol difficile 

 

L'Office national d'études et de recherches aéronautiques (Onera) a rendu les conclusions de l'étude SWAFEA sur l'utilisation, la faisabilité et l'impact environnemental des biocarburants. Ils assureraient un gain relativement important en matière de rejets et permettraient de se rapprocher des objectifs de 2020, date à laquelle le secteur aérien doit continuer de croître sans augmenter ses rejets de CO2

Concernant la faisabilité technique de ces carburants alternatifs, il existe 2 voies de production :
- BtL, pour Biomass to Liquid, transforme toute matière organique en un carburant liquide ;
- l'hydrotraitement des huiles végétales pour les transformer en hydrocarbures.
Ces carburants ont fait l'objet de démonstrations en vol et sont compatibles avec les moteurs et les infrastructures existants. Avec des rendements faibles (25 %) et des coûts de production très supérieurs à ceux du kérosène, ces techniques doivent être développées pour améliorer leur rentabilité.
D'autres voies de production sont à l'étude. Les algues pourraient constituer une filière intéressante mais sa mise en production pourrait nécessiter une dizaine d'années de recherche. Le rapport met en avant un certain nombre de recommandations principales comme :
- l'instauration d'un objectif modéré d'incorporation de biocarburants dans l'aviation en 2020 ;
- l'obtention d'une certification mondiale des carburants d'aviation ;
- l'encouragement à l'investissement, au développement et la diversité technologique pour favoriser l'émergence en Europe de projets intégrant la production de la biomasse ;
- l'approvisionnement régulier en biocarburants d'un aéroport pilote ;
- l'évaluation de la biomasse européenne disponible afin d'optimiser son exploitation.
Pour certaines associations, les biocarburants sont une fausse solution. L'objectif de 2 millions de tonnes par an en 2020 nécessiterait une superficie de culture équivalente à la surface de la Belgique.

 

Mis en ligne le 17 novembre 2011

Maïs
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>> Trois générations de biocarburants

Les biocarburants de 1ère génération
Ils sont produits à partir des organes de réserve d'huile, d'amidon ou de sucre de la plante, généralement ceux du maïs, des betteraves à sucre, du palmier à huile, du jatropha ou du colza. Entrant directement en concurrence avec les cultures vivrières, il leur est reproché de monopoliser leurs terres et de faire grimper les cours des denrées alimentaires en aggravant alors l’insatisfaction des besoins alimentaires d’une population mondiale en pleine croissance. Ce sont par exemple le biodiesel et le bioéthanol disponibles actuellement.

Les biocarburants de 2e génération.
Ils utilisent la plante elle-même, sa biomasse ligno-cellulosique. Il s'agit essentiellement de résidus agricoles et forestiers : écorces, copeaux de bois, paille, parties non comestibles du maïs et de la canne ou encore d'arbres à croissances rapides.

Les biocarburants de 3e génération
Il s'agit principalement d'algocarburant, issue de micro-algues. Ils contiennent un pourcentage particulièrement élevé de biomasse et n’ont pas d’usage alimentaire. Ils pourraient-être la meilleure alternative aux carburants de source fossile avec un coût moindre et de meilleures performances environnementales que les générations précédentes de biocarburants.