Renforcer le rôle de la Cohor
L’accroissement des capacités des aéroports est limité et les compagnies se disputent les créneaux horaires sur les liaisons les plus concurrentielles et donc aussi les plus saturées ! Or, sécurité oblige, l’obtention d’un créneau horaire est obligatoire pour décoller ou atterrir sur des aéroports saturés. Des solutions envisageables : rendre la réglementation plus contraignante pour les grandes compagnies installées et plus souple pour les nouveaux entrants ; renforcer les sanctions et les pouvoirs locaux afin par exemple de privilégier les compagnies les plus respectueuses de l’environnement.
La Cohor gère les problèmes de saturation d’un aéroport donné, pris isolément. Pour être plus efficace, elle devrait aussi centraliser les informations sur le trafic intra-européen, détecter les incohérences dans les programmations de vol et établir des passerelles entre la coordination aéroportuaire et le système ATFM. Cela nécessiterait de regrouper des informations détenues par chaque coordination européenne dans une base de données commune sur un serveur Internet géré par la Cohor et de connaître ces informations six mois avant le début d’une saison, tout en les mettant à jour en permanence. Détecter les incohérences dans les programmations de vol présuppose un programme de comparaison des données de vols afin de comparer chaque nuit les données de chaque créneau de la base des coordonnateurs aux deux extrémités de la desserte et lister les anomalies éventuelles. En effet, tout départ doit avoir une arrivée correspondante sur l’autre aéroport et inversement, les horaires à chaque extrémité doivent être compatibles avec un temps de vol de référence, le type d’appareil et la capacité doivent être comparés à chaque extrémité et le type de service doit être le même.
La Commission Européenne propose d’intégrer quelques mesures allant dans ce sens. Tous les coordinateurs devront comparer leurs bases de données pour détecter les anomalies de programmation et, pour les aéroports non coordonnés, les informations de vols prévisionnels devront être fournies par le gestionnaire d’aéroport sur demande d’un coordinateur européen. Cela nécessite de collecter les informations sur un nombre significatif d’aéroports en Europe, même ceux qui ne rencontrent pas de problèmes de saturation, et établir des passerelles entre les 2 types de créneaux, aéroport et ATFM. Il y a effectivement aujourd’hui une déconnexion totale entre les créneaux aéroports, outil de planification applicable à tous les types de trafic et échangeable entre compagnies, et les créneaux ATC, outil de régulation utilisé uniquement lorsqu’il y a problème. Les créneaux ATC ne concernent qu’une partie du trafic, leur attribution se fait sans priorité, le 1er arrivant étant le premier servi, et leurs échanges entre compagnie sont strictement limités.
Le règlement créneaux de la Commission Européenne pourrait être révisé afin que le coordonnateur, le gestionnaire d’aéroport et les autorités chargées du contrôle aérien puissent échanger toute information nécessaire à l’exercice de leurs fonctions respectives. Ainsi le plan de vol d’un transporteur pourra être rejeté par l’autorité chargée de la gestion du flux de trafic aérien si ce transporteur a l’intention de décoller ou d’atterrir sur un aéroport coordonné sans avoir de créneau horaire.
MCA, dernière mise à jour le 15 février 2010
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 Carte de la France avec les 4 aéroports entièrement coordonnés pour lesquels la Cohor attribue les crénaux horaires. © Cohor
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