Sesar à la conquête du ciel européen 

 

Gigantesque programme d’optimisation des routes aériennes européennes, Sesar vise à réduire de 10 % les émissions de CO2 pour chaque vol dans l’Union européenne malgré la croissance du trafic. Sesar pourrait également aboutir à la création de 328 000 emplois d’ici à 2030.

Avec plus de 26 000 vols par jour, la gestion du trafic aérien européen est partagée entre chacun des 27 pays membres de l’Union. Pour pallier les inconvénients de ce système très fragmenté, le programme européen Sesar (Single European Sky Air Traffic Management Research) donnera les moyens techniques pour la réalisation du projet de ciel unique européen lancé en 2004 par la Commission européenne.
Objectif : permettre la gestion optimisée du trafic aérien dès 2020 grâce à un système de gestion commun à toute l’Union européenne. Ce défi titanesque sur les plans technologique et logistique devrait permettre de réduire de 10 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) pour chaque vol opéré dans l’Union. Pour Antonio Tajani, vice-président de la Commission européenne, « les trajets en Europe sont en moyenne 49 kms plus longs que nécessaire, générant plusieurs millions de tonnes inutiles de CO2 ». En harmonisant le ciel européen, Sesar vise aussi à absorber la hausse du trafic tout en divisant par deux les coûts d’exploitation. De plus, les avions voleront moins longtemps, avec des routes et des temps d’attentes optimisés. Les phases de descentes seront également plus rapides et moins bruyantes.
 
419 milliards d’économies
La liste des avantages ne s’arrête pas là. Cité par le journal La Tribune, le cabinet d’études McKinsey prévoit que la mise en place de Sesar devrait déboucher sur la création de 328 000 emplois au sein de l’Union, dont 42 000 dans le secteur de l’aérien, dans la période 2013-2030.
La phase de développement entre 2008 et 2013 sera marquée par une multitude d’apports technologiques par les partenaires industriels, pour un budget total de 2,1 milliards d’euros.
Ce coût sera supporté à parts égales entre la Communauté européenne, les partenaires industriels et l’autorité de sécurité du trafic aérien européen Eurocontrol. La phase de déploiement des installations, prévue de 2014 à 2020, demanderait quant à elle un budget environ dix fois supérieur. Mais selon le cabinet McKinsey, la rentabilité de Sesar semble assurée par des économies induites de 419 milliards d’euros par rapport aux coûts actuels de gestion du trafic aérien.
 
Le rôle déterminant des aéroports
Les aéroports joueront bien sûr un rôle déterminant dans la mise en place du programme Sesar. Les six principaux gestionnaires d’aéroports européens (Aéroports de Paris, British Airports, Flughafen München GmbH, Fraport AG, Schiphol Nederland B.V. et Flughafen Zurich AG) se sont réunis au sein du consortium SEAC (Sesar European Airports Consortium) pour mettre en commun leur expérience et leur savoir-faire dans le projet Sesar.
A Paris-Charles de Gaulle, Aéroports de Paris s’est déjà engagé à réduire de 10 % le temps de roulage des avions au sol à l’horizon 2015. Le renforcement de l’intermodalité air/rail et le soutien aux études pour les projets de gare fret TGV et CDG-Express à Paris-Charles de Gaulle permettront également de prolonger des bénéfices du programme Sesar au-delà des aéroports. Les conditions semblent donc réunies pour que les ambitions européennes de Sesar se réalisent.

 

Mis en ligne le 8 novembre 2011