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L’A380, une nouvelle façon de voler

Malgré des débuts de commercialisation difficiles, l’A380 est porteur d'une nouvelle culture du transport aérien version grand format qui séduit tout autant les passagers et les compagnies aériennes que les aéroports.

 
Premier atout : l’espace. Avec une capacité de 400 à 800 sièges, le concurrent du Boeing 747 permet aux transporteurs d’optimiser le volume intérieur selon leurs besoins. On note les 14 suites privées en première classe, 76 fauteuils-lits en classe affaires et 399 sièges en classe économique, le tout modulable à la demande du transporteur. Accoudoirs plus larges de 30 % que pour les fauteuils traditionnels, salons de détente pour passer un moment debout ou ventilation optimisée sont autant d’arguments supplémentaires pour séduire les passagers.
 
Les compagnies ont bien compris l’intérêt du caractère king size de l’A380. Certaines y voient l’opportunité d’installer plus de sièges (la compagnie russe Transaéro a commandé à Airbus quatre avions de 700 sièges contre une moyenne de 500 pour la version standard), ce qui pourrait contribuer à une baisse du prix des billets. La capacité de l’A380 pourrait aussi aider à absorber la hausse attendue du trafic aérien mondial pour les années à venir.
Plus de remplissage égale moins d’avions dans le ciel. Cette équation simple explique pourquoi le gros bébé d’Airbus, conçu à l’origine pour les vols longs courriers, tend à se retrouver sur des moyens voire des courts courriers, à l’image d’Air France, première à tester l’A380 sur la ligne Paris-Londres. Alors qu’on pensait l’A380 serait cantonné aux 20 plus grands hubs de la planète, de plus en plus d’aéroports plus modestes comme Zurich, Manchester, Montréal et bientôt la Réunion modifient leurs infrastructures.
 
Pour le passager, le voyage commence en salle d’embarquement et le soin qu’on y apporte est primordial. C’est dans cette idée qu’Aéroports de Paris a conçu le nouveau Satellite S4 du terminal 2E de Paris-Charles de Gaulle. Capable d’accueillir 16 avions dont 7 gros porteurs en simultané, le nouveau bâtiment de 100 000 m2 prolonge (ou précède) au sol le confort des passagers de l’A380. On y trouve le salon des clients Premium d’Air France : 3 000 mètres carrés équipés de plus de 600 sièges et fauteuils mais aussi de tablettes numériques, des salles de soins, douches, service de restauration chaude, etc. Entre confort et rentabilité, il semble que l’A380 n’ait pas fini de faire parler de lui.

 

Mis en ligne le 12 septembre 2012, Cyril Flouard

Photographie de l'Airbus A380 à l'atterrissage
© Airbus S.A.S 2012 - photo de S. Ramadier

>> Le rêve fou d'Howard Hugues

Contrairement à l’impression de réussite que peut laisser
le film « The Aviator » de Martin Scorsese, l’hydravion géant d’Howard Hughes n’a fait qu’un saut de puce.

Malgré ses huit moteurs Pratt & Whitney développant chacun
3 000 cv, cet avion géant, plus grand qu’un A380, ne s’est élevé
que de 20 mètres au-dessus de la surface de l’eau.
Ce fut le 2 novembre 1947, à Long Beach, où il parcouru 1.600 mètres à 130 km/h, en effet de sol avant de retourner définitivement dans son hangar. Jusqu’à sa mort, survenue en 1976, Howard Hughes l’a maintenu en état de vol. Il lui en a coûté un million de dollars par an. Une manière pour le milliardaire d’entretenir son rêve.
Le Spruce Goose est aujourd’hui visible dans un musée en Orégon.