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Les premiers jets de ligne

Théma N°15, juillet 2008, Cyril Flouard

Après la seconde guerre mondiale, le début de la guerre froide consacre la banalisation des avions de chasse à réaction. Les avions de ligne, de leur côté, ne bénéficient pas encore de cette technologie. Pour le passager civil, les cieux sont toujours dominés par les avions à hélices, dont le phénix reste sans doute le Lockheed Super Constellation, mythique quadrimoteur long-courrier.

Mais l’ère des jets approche. En 1952, les Anglais vont une fois de plus tirer les premiers grâce à leur Comet de chez De Havilland, un avion souhaité par Churchill dès 1942.
Avec le lancement de ce quadriréacteur long-courrier sur la ligne Londres-Johannesburg, l’aviation commerciale met un pied dans l’ère des jets. Malheureusement, l’expérience tourne court : après quelques mois d’exploitation, un défaut structurel entraîne la désintégration de deux appareils en plein ciel et le certificat de l’avion est retiré.

Si les Anglais sont sans doute allés un peu vite dans la mise en service du premier jet de ligne, d’autres reculent pour mieux sauter. En octobre 1958, l’inauguration par la Pan American du quadriréacteur 707 sur la ligne quotidienne New-York-Paris va définitivement asseoir les débuts de la dynastie Boeing, tout en (dé)coiffant au poteau son concurrent direct, le DC-8 de Douglas, commercialisé un an plus tard. L’avènement du 707 impose également le réacteur comme le nouveau standard de l’aviation commerciale. Avec une capacité de 121 à 177 personnes, le Boeing 707-320 peut emmener jusqu’à 177 passagers à 900 km/h sur des vols transatlantiques. La version ultérieure, le 707-420 Stratoliner, permettra une autonomie de 9000 km…

De leur côté, les Français ont mis les bouchées doubles pour rattraper le retard de l’après-guerre. Développé par la société française Société Nationale de Construction Aéronautique du Sud-Est (SNCASE), future Sud Aviation, le SE-210 Caravelle répond à un appel d’offre de la compagnie Air France pour un avion court/moyen courrier à réaction destiné au transport de fret et de passagers. Présenté dès 1955 au salon du Bourget, la Caravelle finalise ses vols d’essai en 1958 et emmène ses premiers passagers en 1959. Malgré son indéniable succès sur le vieux continent, les ventes de Caravelle seront beaucoup plus modestes outre-Atlantique. Après avoir signé un accord en 1960 avec le constructeur Sud Aviation pour la promotion des ventes et la maintenance de la Caravelle aux États-Unis, la firme Douglas présente en 1962 un projet de jet commercial dont la ressemblance avec la Caravelle est plus que frappante, avec entre autres ses deux réacteurs collés au fuselage.

Désormais, le Douglas DC-9 se taillera la part du lion sur le marché américain au détriment des Français. Sans doute piqué au vif par ce coup de Trafalgar à l’américaine, le constructeur Dassault réplique par une triple offensive sur le marché du jet commercial. Les coups de semonce de monsieur Marcel.
 
En 1958, l’aéroport du Bourget accueillait son premier avion de ligne à réaction en provenance de New York. Après quelques expériences malheureuses, le transport civil aérien entrait définitivement dans l’ère des jets.
  • Mc Donnel Douglas - DC8 ® DR
    Mc Donnel Douglas - DC8 ® DR
  • De Haviland, Comet - ® DR
    De Haviland, Comet - ® DR
  • Mc Donnel Douglas - DC8 ® DR
    Mc Donnel Douglas - DC8 ® DR
  • Mc Donnel Douglas - DC9 ® DR
    Mc Donnel Douglas - DC9 ® DR