Paris-Le Bourget change de peau

​Riche d’une histoire prestigieuse entre aéronautique et architecture, l’aéroport Paris-Le Bourget renoue avec ses muses dans une vaste opération de modernisation au succès inattendu. Tour de piste. ​​​

Près d’un siècle après les années folles qui virent le succès du premier terrain d’aviation parisien, l’aéroport Paris-Le Bourget est entré dans la deuxième phase de son vaste plan de modernisation. Prolongeant la restauration de l’ancienne aérogare et de son immense verrière Arts déco abritant le musée de l’Air et de l’espace, un hôtel Marriott 4 étoiles a été inauguré en février 2015 pour élargir l’offre d’hébergement des passagers des avions et leurs équipages. Placé au niveau de l’entrée « Étoile », ce bâtiment aux parois de verre bénéficie notamment d’une piscine avec vue panoramique et d’un restaurant haut de gamme. A deux pas de l’hôtel, le nouveau terminal VIP complète les 9 terminaux de l’aérogare actuelle. Ce plan a aussi prévu l’embellissement des entrées principales au niveau de l’hôtel Marriott et du Parc des Expositions.

D’un point de vue plus général, l’ensemble du territoire a été redécoupé en différentes zones avec des noms plus adaptés à leurs activités.

Dans la zone Dugny, côté ouest, le Groupe ADP gère la maîtrise d’ouvrage d’un chantier de plusieurs bâtiments destinés au constructeur Embraer​. Objectif pour la compagnie brésilienne : doubler son implantation en Europe dès septembre 2016.

Par ailleurs, l’accueil des gros porteurs sera favorisé par un nouveau balisage sur piste et la construction d’un hangar qui permettra à terme d’accueillir jusqu’à 8 appareils de type A320 ou B737 sur 13 000 m².

Sur le terrain, le plan d'embellissement se traduit par la mise en place d’une nouvelle signalétique afin de faciliter le repérage sur l’ensemble de la plate-forme. Toujours dans cette perspective, trois voies de circulation ont été rebaptisées aux noms de rue de Budapest, rue de La Haye et rue Désiré Lucca.

Le plan de modernisation prévoit de plus l’intégration de divers critères environnementaux.

D’autres projets sont encore à l’étude, tel que l’implantation d’un nouveau centre commercial au niveau de la future station de métro que le plan du Grand Paris prévoit pour 2025 devant le parc des Expositions. Une dynamique globale dont le succès repose entre autres sur un patrimoine architectural longtemps oublié du plus grand nombre. En témoigne le coup de cœur du célèbre galeriste américain Larry Gagosian pour un bâtiment Arts déco de 1 600 m² désormais dédié à l’exposition d’œuvres de grandes dimensions. La force du lien poétique entre l’art et l’aéronautique nous rappelle que l’esthétique et la performance vont souvent de pair. Un cocktail que n’aurait sans doute pas renié le pilote Charles Lindbergh, auteur du premier vol transatlantique New York-Paris au printemps 1927. Il semblerait bien que le Spirit of Saint-Louis souffle à nouveau sur le Bourget.

 

Mis à jour juillet 2018