Lutte animalière

La diversité de la flore constitue un gîte idéal pour les lapins et les oiseaux mais leur prolifération est dévastatrice pour les équipements aéroportuaires et dangereuse pour le trafic aérien. Chaque aéroport  mène donc des opérations de prévention, de lutte passive ou des prélèvements afin d’en limiter le nombre. ​​​

Un arrêté ministériel de juillet 1989 réglemente en France la lutte contre le risque aviaire. Tous les aérodromes se sont alors dotés d’un service de prévention du risque aviaire. Une cellule spéciale du Groupe ADP la section Faune et prévention du risque aviaire, mène des opérations écologiques de prévention, de lutte passive à l’aide d’effarouch​eurs sonores et des prélèvements. Ainsi 3 100 oiseaux (dont 2 030 étourneaux) ont été prélevés à Paris-Charles de Gaulle en 2006, et près de 2 700 à Paris-Orly.
 
En France, plus de 700 collisions se pr​oduisent chaque année.
 
La plupart des collisions (60 %) ont lieu pendant les phases d’atterrissage et de décollage, à moins de 15 mètres d’altitude (et 90 % à moins de 150 m). Les moteurs des aéronefs sont les plus touchés (35 %) ainsi que l’avant (27 %). L’ingestion d’oiseaux est un des risques les plus dommageables pour les moteurs. A la masse parfois importante de l’oiseau vient s’ajouter l’énergie cinétique liée à la vitesse de l’avion. Les tests de certification aux impacts d’oiseaux des moteurs et des cellules en France sont effectués à l'ENAC, École nationale de l'aviation civile à Toulouse ; ces tests
sont de plus en plus sévères et ont conduit les constructeurs à des améliorations importantes, notamment au niveau des moteurs.
 
Des actions préventives réduisent l’attractivité des aéroports pour les oiseaux.

 
La lutte écologique consiste tout d’abord à supprimer les points d’eau en drainant les accotements et en couvrant les bassins de rétention d’eau et les mares temporaires. Il faut ensuite mettre en œuvre les plans d’assolement, faucher l’herbe à hauteur dissuasive et réduire les sources de nourriture. La recherche de cultures non attractives et la suppression des trèfles qui attirent les pigeons sont des actions préventives efficaces. Quant à la DGAC elle veille à la suppression des décharges publiques riveraines des aérodromes.
 
Les méthodes d’effarouchement complètent le dispositif préventif.


Les oiseaux sont particulièrement sensibles aux stimuli visuels et acoustiques. Ainsi, la pyrotechnie, les bruiteurs synthétiques et l’électroacoustique sont des méthodes efficaces. Depuis juillet 2008, des hauts parleurs disposés le long des pistes sont activés par l'agent d'effarouchement lors de la présence d'oiseaux sur la piste. Le cri de détresse de l'espèce d'oiseau identifiée sur le tronçon de piste sélectionné retentit pendant 45 secondes. L'utilisation de laser permet de bien protéger les pistes et leurs abords. Le balayage d’une zone occupée par des oiseaux par des lasers continus assez puissants (200 MW) déclenchent des envols à des distances de plus de 1000 m.
 
Les lapins et les renards

Les aéroports sont particulièrement propices à la prolifération des lapins. Leur nombre s’accroît d’autant plus vite qu’ils n'ont que peu de prédateurs, seulement quelques renards. Or la surpopulation de lapins est dévastatrice pour les installations électriques, les plantations et les abords des voiries. Des opérations comme le prélèvement par furetage sont donc régulièrement organisées afin de réguler leur population à un niveau acceptable. Grâce à ces opérations, ils sont aujourd’hui 5 fois moins nombreux qu’en 1998.
 
Dernière mise juillet 2018
La lutte aviaire - vidéo muette
© copyright Aéroports de Paris

>> Lapin vole

C'est l'histoire de ce pilote de jet privé qui veut atterrir au Bourget… Le contrôleur lui indique les différents paramètres de l'aéroport et précise : "attention, péril aviaire !"

Effectivement, le jet, quelques minutes avant l'atterrissage, traverse une colonie d'oiseaux en vol. Le pilote entend le bruit sourd d'un oiseau percutant l'un des deux réacteurs de l'avion. Par chance, les systèmes de l'avion ne sont pas endommagés et l'appareil peut achever son atterrissage normalement. Une fois au sol, le commandant de bord inspecte les réacteurs de son avion et découvre… un lapin ! Stupéfaction. En fait, un épervier qui venait de capturer un lapin au sol volait parmi ces oiseaux. C'est le bruit de l'avion qui lui a fait lâcher sa proie… qui est venue percuter le réacteur !

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