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Un souci de haute qualité environnementale 

 

Entre voisins N° 13, octobre 2007, Antoine Néto

De la conception à l’exploitation en passant par la gestion du chantier, le satellite S3 inaugure un nouveau type d’aérogare inscrit dans la démarche de haute qualité environnementale et ouvre la voie à la création d’une norme spécifique aux aérogares.

HQE : sous ce sigle un peu barbare se cache une idée fondatrice du développement durable appliquée au secteur du bâtiment. Il ne s'agit pas d'une réglementation ni d'un label, mais d'une démarche volontaire de management de la qualité environnementale des opérations de construction ou de réhabilitation.

 

Concrètement, cette démarche vise à limiter les impacts sur l’environnement d’une opération de construction ou de réhabilitation, tout en assurant à l’intérieur du bâtiment des conditions de vie saines et confortables. Les objectifs de cette démarche se divisent en deux grands chapitres, maîtriser les impacts sur l’environnement extérieur et créer un environnement intérieur satisfaisant. Une liste de 14 objectifs a été dressée, parmi lesquels, une relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement immédiat, un chantier à faibles nuisances, un confort acoustique et thermique, la gestion de l’énergie, de l’eau et des déchets d’activité, etc. Cette démarche HQE, Aéroports de Paris l’a mise en œuvre pour le satellite S3. En collaboration avec Certivéa, une filiale du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), Aéroports de Paris travaille à l’élaboration d’une norme HQE spécifique aux aérogares, référence pour ce type de bâtiment en France. Le satellite possède des performances thermiques supérieures aux exigences de la norme RT 2000 applicable aux bâtiments nouveaux.

Dès sa conception, le S3 participe d’une meilleure efficacité énergétique par le biais des choix architecturaux et techniques. Les matériaux de façade et de toiture utilisés présentent de grandes qualités d’isolation (traitement thermique des vitrages des façades, protections brise-soleil pour les façades les plus exposées, etc.) ; une climatisation dite “intelligente” permet d’adapter les températures des différentes zones du satellite en fonction des besoins et de la température extérieure. En outre, le recyclage d’une partie de l’air ambiant réduit la quantité d’air à réchauffer ou refroidir selon la saison. Les émissions de CO2 du nouveau satellite sont par ailleurs limitées et ce pour la majeure partie de ses fonctions : le métro électrique assure ainsi le transport des voyageurs sans émissions polluantes ; les avions au contact évitent l’emploi de navettes d’embarquement et de débarquement ; tous les postes avions sont équipés de prises électriques et l’usage de groupes électrogènes ou de moteurs auxiliaires est fortement limité ; enfin, le service en piste est largement assuré par des véhicules électriques ou fonctionnant au gaz naturel.

Le T2G, autre site pilote HQE, contribuera à élaborer le référentiel type, standard qui n’existe pas encore en matière d’aérogare et qui servira de cadre aux futures constructions. Les équipes en charge du projet du T2G ont également tenu compte de l’environnement direct du chantier de construction de l’aérogare. « Le T2G est implanté à proximité des Renardières, un bassin de rétention, au cœur d’une végétation naturelle que l’on a voulu conserver. Un ouvrage d’art surplombera cet espace pour mener au terminal » explique Sophie Ferraro-Doulcet, architecte et chef du projet. Toujours dans le domaine du développement durable mais ne faisant plus référence à la démarche HQE, le T2G se distingue par ailleurs au chapitre des besoins des personnes à mobilité réduite (PMR). Dès sa conception et dans toutes les phases du projet, Aéroports de Paris et Air France ont intégré les besoins des passagers mais aussi du personnel à mobilité réduite pour qu’ils puissent être accueillis sans discrimination. Concrètement, les PMR sont autonomes sur l’ensemble des circuits passagers (départ, arrivée, enregistrement, comptoirs d’information, commerces, embarquement). La signalétique est simple et claire pour les PMR et par conséquent l’ensemble des passagers, des places de parking dédiées ont été prévues au plus près du terminal, des sanitaires adaptées, des repères sonores et tactiles pour les malvoyants et des repères lumineux pour les sourds seront placés sur tout le circuit passager, des pentes douces inférieures à 4 % ou des ascenseurs facilitent les changements de niveaux dans ce circuit. C’est d’ailleurs la somme de ces dispositifs et le travail accompli par les équipes de la compagnie aérienne et d’Aéroports de Paris que la déléguée ministérielle à l’accessibilité du ministère des Transports a récemment souhaité féliciter.