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3 questions à Marc Ambroise-Rendu 

 

Entre Voisins n° 15, juin 2008

Interview du président d'honneur de l'union d'associations Île-de-France Environnement

Comment était perçu l'aéroport dans les années 1950 ?


J'ai toujours été attentif aux aéroports et aux activités économiques qui leur sont liées. Dès l'essor de la plate-forme d'Orly, les riverains, de plus en plus nombreux à venir s'installer alentour, se félicitaient de ce dynamisme économique induit. Mais le développement du trafic aérien lui-même et le bruit qu'il générait ont commencé à les déranger. Des plaintes sont arrivées sur le bureau des maires et les premiers procès ont été intentés, non pas au gestionnaire de l'aéroport mais aux compagnies aériennes, directement responsables de la nuisance. On s'est aperçu qu'à l'aviation, symbole du progrès, il fallait payer une rançon.

Comment le problème a-t-il été traité ?

Lentement, les questions environnementales ont émergé. Aéroports de Paris a pris conscience que son activité avait un impact sur le calme de la banlieue, sur la qualité de l’eau et celle de l'air. Les premières mesures ont été décidées : insonorisation des écoles et des habitations, limitation des permis de construire, etc. Mais ce qui m'a frappé, comme journaliste chargé alors de ces questions, c'est le retard pris dans ce domaine par l'ensemble de l'industrie du transport aérien – y compris les constructeurs – par rapport à d'autres activités industrielles plus traditionnelles. Tout se passait comme si les "aviateurs" étaient au-dessus des contingences environnementales.

Et les actions entreprises par Aéroports de Paris ?

Aujourd'hui, Aéroports de Paris réalise sa part dans le traitement des eaux pluviales, surveille les émissions de gaz de ses véhicules et de ses équipements, informe les riverains dans les Maisons de l'Environnement. Cependant il est regrettable qu'ADP n'accepte pas de laisser Airparif – organisme indépendant et dont ADP est administrateur – installer ses "renifleurs" de pollution sur son domaine. C'est une posture qui engendre la suspicion et qu'il faut modifier dans l'intérêt même des activités aéroportuaires.