L'Europe fait le point sur les agro-carburant Les compagnies low-cost Météo : paramètre déterminants du déroulement des vols  Le guidage des avions Cri-Cri, l'avion de voltige électrique Les fiches avions L'entretien et la maintenance des avions 50 ans d'aviation L'Onéra Décollage et volume de protection sonore Direction générale de l'Aviation civile Les contrôleurs La caravelle

Tourisme équitable et solidaire 

 

Théma N°14, février 2008, Cyril Flouard

Vous rêvez de passer les fêtes de Noël avec les Touaregs? Aller à la pêche avec les Indiens d’Amazonie ? Partager un bon vieux plat de mygales pour un pique-nique près d’une rizière cambodgienne ? Le tourisme équitable propose de sortir des sentiers battus pour de vrais échanges. 

Le nombre de mouvements touristiques internationaux devrait passer la barre du milliard en 2010. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, les recettes internationales totales liées au tourisme ont atteint les 735 milliards de dollars en 2006, avec une hausse de 57 milliards en un an. De son côté, la Conférence des Nations Unies sur la coopération et le développement reconnaît que le tourisme « est une des activités les plus à même de relancer la croissance des pays les moins avancés. » Si le tourisme est profitable à beaucoup, il peut aussi être néfaste pour les populations locales, notamment par les comportements induits des visiteurs et les pratiques parfois abusives de certains organisateurs de voyage.

Dès 1995, lors de la Conférence mondiale du tourisme durable, les professionnels du secteur s’étaient déjà réunis à Lanzarote aux Canaries afin d’évoquer cette question. La charte du tourisme durable créée à l’issue de cette conférence jetait les bases d’un texte axé sur la prise de conscience collective, rapidement soumis aux Nations Unies par le roi d’Espagne. Depuis, plusieurs labels se sont développés afin de permettre aux organisateurs de voyages de montrer patte blanche auprès de leurs clients, tels que tourisme “responsable”, “équitable” ou “solidaire”. Le tourisme “responsable” se base sur la connaissance et le respect des conditions de vie des populations visitées, ce qui nécessite souvent les explications d’un guide. Il s’agit aussi de dépasser les clichés touristiques pour établir de vrais dialogues avec les habitants. La notion de tourisme “équitable” s’apparente plus au commerce équitable, dans le sens où les dividendes du voyage bénéficient aux populations et à l’économie locale.

Enfin, le tourisme “solidaire” souhaite impliquer les voyageurs de façon active dans la vie et le développement du pays visité. En 2006, a été créée l’Association pour le tourisme équitable et solidaire (ATES), organisme fédérateur des acteurs du tourisme solidaire et équitable en France et à l’étranger. Selon une grille de critères précis, l’ATES a recensé un certain nombre d’organisateurs de voyages afin d’assurer aux clients une qualité de prestation minimum. Vers certaines destinations comme le Sahara, le client revient encore parfois avec le sentiment d’une vaste arnaque… Si le petit monde du tourisme solidaire revêt essentiellement un caractère associatif, il sait aussi aller chercher les grands groupes sur leur terrain. L’association à but non lucratif Tourism For Development a signé en 2006 une convention de partenariat avec Nouvelles Frontières pour le financement de projets de développement en faveur des populations défavorisées dans les pays à vocation touristique.

Il est vrai que les voyages organisés par les associations et les grosses agences de voyages n’ont pas du tout les mêmes caractéristiques. Un voyage solidaire s’apparente plus à des vacances actives où il sera difficile de trouver une piscine. Mais si vous êtes plutôt curieux, vous êtes sûrs de sortir des sentiers battus, loin des gros complexes hôteliers et des concours de t-shirts mouillés. À partir de là, l’aventure commence, avant tout faite de rencontres et d ‘échanges. La majorité des prestations se situent autour d’une dizaine de jours. En fonction des destinations, compter un budget de 1 000 à 2 500 euros environ. Si votre bourse ne vous permet pas de partir à ce prix-là, votre cœur devrait vous aider à partir à moindre coût. Soutien scolaire, aide logistique, simple coup de main, le choix est vaste pour aider les associations dans le tiers-monde.

Il y a encore peu de temps, le voyage solidaire apparaissait encore comme une mode un peu suspecte. La réalité est beaucoup plus concrète : ce type de prestations se place au cœur de la notion de voyage au sens de l’échange et de la rencontre avec l’autre, tout en offrant des garanties culturelles, économiques, écologiques et financières aux visiteurs comme aux populations d’accueil. Le voyage comme outil de développement… Qui dit mieux ?