Coup de jeune pour la centrale thermique d’Orly
Soyons clairs : le système de chauffage de Paris-Orly a pris un sacré coup de jeune. Deux nouvelles chaudières à gaz de 19MW ont été installées, plus deux cheminées équipées pour le contrôle des rejets atmosphériques. Le réseau a également été doté d’un circuit d’eau à basse température et les unités de production de froid sont désormais trois fois plus performantes qu’auparavant. Enfin, la gestion thermique des terminaux ouest et sud a été optimisée (ventilation de nuit en été pour réduire le recours à la climatisation, isolation des sas d’Orly sud, chauffage raisonné des entrées en hiver).
Pour de meilleures performances environnementales, Aéroports de Paris a décidé de s’équiper d’une centrale géothermique. Entré en service en 2011, ce système exploitant la chaleur de la nappe d’eau chaude du bassin parisien ou Dogger permettra à terme de couvrir 50 % des besoins en chauffage de Paris-Orly. Ce succès technologique vient concrétiser un projet imaginé dès 2008 par Aéroports de Paris dans le sillage du Grenelle Environnement.
La douce chaleur de l’enfer à basse température
- Côté technique, un puits creusé à la profondeur quasi infernale de 1 800 m permet de pomper une eau à 74 degrés. La chaleur de cette eau à 74 degrés est alors récupérée par un échangeur thermique qui la transmet au réseau d'eau du circuit de chauffage de l'aéroport. À la sortie de l'échangeur, l'eau n'est plus qu'à 35 degrés. Elle est alors réinjectée par le second puits dans la nappe du Dogger.
En termes de performances, la centrale géothermique permet de soustraire 7 000 tonnes aux 24 000 tonnes de CO2 émises chaque année par l’aéroport d’Orly. Avec une espérance de vie estimée à 35 ans, le système reste très économe puisque le prix de revient est de 5€ par MWh pour la géothermie contre 30€ pour le gaz naturel. Quelques ajustements devraient encore permettre d’améliorer encore ce rendement.