Une centrale géothermique à Paris-Orly
Mise en service le 7 mars 2011, la centrale géothermique de Paris-Orly chauffe les terminaux de l’aéroport Paris-Orly ainsi que les bâtiments d'OrlyTech et chauffera le futur Cœur d'Orly. L'engagement d'Aéroports de Paris dans le Grenelle environnement, vers une réduction de 20 % des consommations énergétiques par passager d’ici 2020 et de 40 % d’ici 2040, devient bel et bien réel.
- Depuis le 7 mars 2011, la nappe d’eau chaude de l’aquifère du Dogger qui se trouve sous l’aéroport permet de chauffer un tiers de Paris-Orly sans émettre de CO2. Deux forages ont été effectués à 1 800 mètres de profondeur. L'hiver, le premier puits prend 250 m3 d’eau par heure. La chaleur de cette eau à 74 degrés est alors récupérée par un échangeur thermique qui la transmet au réseau d'eau du circuit de chauffage de l'aéroport. A la sortie de l'échangeur, l'eau n'est plus qu'à 35 degrés. Elle est alors réinjectée par le second puits dans la nappe du Dogger. Ce procédé adopte des techniques utilisées pour l’industrie pétrolière et a l’avantage de mettre en œuvre des dispositifs permettant d’éviter la corrosion des tubes. Ce circuit fermé préserve la ressource naturelle.
Ce système permet de couvrir un tiers des besoins propres à l’aéroport et donnera lieu à une économie de 4 000 tonnes d’équivalent pétrole par an. Très écologique, il évitera l’émission de 7 000 tonnes de CO2 par an sur les 24 000 tonnes que l’aéroport produit actuellement. Sachant que les cours des droits d'émissions du CO2 varient de 10 à 20 € la tonne, l'opération est aussi rentable financièrement ! La géothermie induira aussi une économie de 3,5 à 5,2 tonnes de NOx comparativement au gaz actuellement utilisé par la centrale thermique. Le débit moyen est de l’ordre de 250 m3/h en hiver pour une puissance de l’installation de 10 MW environ.
Rentabilité de la centrale géothermique
Cette nouvelle source d'énergie valorise le patrimoine immobilier d'Aéroports de Paris, protège l'environnement et s'avère économiquement intéressante. Aéroports de Paris a investi 12 millions d’euros dans la réalisation des forages, du réseau de distribution et dans la construction des bâtiments techniques. Les forages sont financés à 30 % par les subventions de l'État et de la région Île-de-France . Le coût de revient d'un MWh est d'environ 5 € contre 30 € avec le gaz.
Les charges d’exploitation sont estimées à environ 150 k€ par an, incluant les consommations électriques et les opérations de maintenance. Le retour sur investissement est estimé à 8 ans et la durée de vie de la centrale géothermique est évaluée à 35 ans.
WQ dernière mise à jour le 25 mai 2011
POLITIQUE ENERGETIQUE
La réglementation européenne impose à la France de produire 23 % de l'énergie qu'elle consomme à partir d'énergies renouvelables, d'ici 2020.
La mise en œuvre d’une installation de production de chaleur géothermale répond à la Loi d’orientation de la politique énergétique du 13 juillet 2005. Cette loi incite au raccordement des ouvrages neufs sur des réseaux de chaleur existants ainsi qu’au développement des énergies thermiques renouvelables, dont la géothermie. |
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1/3 de l'aéroport Paris-Orly est chauffé par la géothermie depuis le 7 mars 2011 : explications
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>> La nappe aquifère du Dogger
Le Dogger, immense réservoir calcaire d'eau potable, s'étend sur 15 000 km2 de Metz à Dunkerque et traverse l'Ile-de-France.
Formé au milieu de l'ère secondaire, à la période du Jurassique, le Dogger a 170 millions d'années. Les conditions géologiques sont particulièrement favorables puisque la nappe aquifère du Dogger, située à moins de 1 800 m de profondeur, atteint 100 C° aux environs de Sucy-en-Brie et 74 °C sous Paris-Orly. Cette nappe alimente déjà 37 installations de géothermie dont certaines autour de l'aéroport, sur les communes de comme Thiais au nord et à Orly au nord-est.
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