Plus qu'une simple réunion d'information, cette rencontre a constitué un véritable engagement de Boeing et de ses partenaires pour un transport aérien propre. Selon le P-d-g de Boeing Commercial Airplanes, Scott Carson, « le transport aérien joue un rôle économique mondial majeur en termes de croissance et d'emplois puisqu'il représente 8 % du PIB mondial et5 millions d'emplois uniquement en Europe. Pour ce qui concerne l'environnement, nous avons déjà obtenu des résultats : ces quarante dernières années, l'industrie du transport aérien a réduit ses nuisances sonores de 90 % et ses émissions de CO2 de 70 %. Et le prochain Dreamliner 787 consommera 20 % de carburant de moins que ses principaux concurrents ».
Pour Bill Glover, directeur de l'Environnement chez Boeing, « il faut aller encore plus vite dans ces améliorations. Le rôle de l'aviation doit être remis dans un contexte global. Elle est responsable d’environ 2,5 % des émissions globales de CO2 alors que le taux de croissance de son trafic est de 5 % par an. Les émissions de l'industrie électrique et du transport routier augmentent beaucoup plus rapidement.
Et la déforestation, empêchant l'absorption du CO2, se développe encore plus vite que ces trois industries réunies. Notre challenge est de réussir à faire voler des avions propres. C'est un objectif réalisable, d'autant que 80 % des avions qui voleront en 2020 ne sont pas encore construits. Enfin, j'ajoute que le contrôle aérien est aussi au cœur des réductions possibles d'émissions. Dans le monde, chaque minute gagnée sur chaque vol permettrait d'économiser 5 millions de tonnes de CO2 par an ! »
Même son de cloche chez Air France. Jean-Marc Bara, de la direction des Opérations aériennes confirme la politique verte d'Air France : « des mesures de chasse au poids ont été prises. Un kilogramme économisé par siège permet d'éliminer 4 tonnes de CO2 par an et par avion. Une politique d'emport de carburant optimisé et des procédures d'utilisation des avions dont on coupe par exemple un des moteurs pendant le roulage à Paris-CDG ont été mises en œuvre. Notre flotte a déjà été renouvelée avec des avions plus performants obtenant ainsi une réduction de21 à 22 % des émissions de CO2 sur certains vols moyens et longs courriers. Mais beaucoup reste à faire. En réduisant l’espacement vertical minimum entre avions (RVSM), on peut augmenter le nombre d'avions en vol et la fluidité du trafic. Au-dessus de l'Atlantique nord, toutes compagnies confondues, on compte 400 000 vols par an. Grâce au RVSM, plus d'un million de tonnes de CO2 ont pu être économisées. Et Air France, avec le soutien de IATA, cherche cette année à obtenir les mêmes résultats pour les vols vers la Chine ».
Enfin, du côté des motoristes, l'accent est mis sur les nuisances sonores. Jacques Renvier, senior vice-président chez Snecma précise : « au niveau acoustique, le bruit des moteurs a globalement diminué de 30 dB en 30 ans. Ce qui a permis de réduire la gêne sonore par un facteur 2, de diviser par 3 la surface d'exposition au bruit, et de réduire d'un facteur 10 le niveau acoustique perçu par un riverain positionné à 5 km de l'aéroport. Le futur moteur LEAP 56 permettra dès 2015 une nouvelle réduction du bruit de 27 à 30 dB. Au décollage, le niveau de bruit en survol à 700 mètres sera comparable à celui d'une voiture qui passe à 50 km/h à 10 mètres de l'observateur. »