Quels progrès des gros-porteurs ? 

 

Théma N°7, avril 2006, Qualité de l’air

Quand on parle de pollution aéronautique se pose la question des gros-porteurs. Sont-ils plus polluants ? Ont-ils une part de responsabilités plus grande dans la diffusion de gaz polluants ?

Une question particulièrement d’actualité avec l’arrivée de l’A380, le nouveau chouchou des médias qui reçoit les honneurs de la république et des pays associés au projet. Sur le plan écologique, son impact sur le réchauffement climatique a retenu tous les efforts des spécialistes. Les gros avions type Boeing 747 ou Airbus A380 sont plus lourds et nécessitent des moteurs plus puissants. Mais étant donné leur taille et leur grande capacité de transport, ils consomment moins par passager transporté et sont donc très efficaces.

Même si les constructeurs du moteur Trent 900 mettent en avant les avancées technologiques pour réduire la consommation en kérosène et limiter la pollution atmosphérique, les associations de riverains comme l’Advocnar (Association de défense contre les nuisances aériennes) sont sceptiques et craignent que l’avion géant, à pleine charge, ait une pente de décollage faible et qu’il survole donc plus longtemps et à basse altitude les zones urbanisées dans l'axe des pistes. De leur côté, les compagnies aériennes et les gestionnaires de plates-formes, s’accordent sur le même constat : la croissance s’accompagne d’un meilleur taux de remplissage des avions sur les vols réguliers déjà en place. Avec l’utilisation de gros-porteurs, au lieu de multiplier les fréquences de vol, environ 850 passagers pourront prendre place dans un seul appareil du type A380, notamment pour les destinations intercontinentales les plus fréquentées.

Pour pouvoir voler, l’A380 devra respecter strictement les normes internationales édictées par l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile. Les normes d’émissions de NOx ont déjà été baissées par deux fois depuis 1980, de 20% puis de 16 %. À compter de 2008, les avions devront améliorer leur performance de 12% sur les NOx. «La qualité de l’air est une de nos préoccupation majeure, explique Philippe Ayoun, à la direction des affaires stratégiques et techniques de la DGAC et qui représente la France au comité environnement de l’OACI, avec en ligne de mire des normes plus sévères pour les nouveaux appareils». La recherche devrait permettre de baisser de 80% les normes NOx entre 1998 et 2020, si l’on en croit le rapport présenté par ACARE qui réunit les administrations, les centres de recherche et les grands industriels de l’aéronautique en Europe. «La prochaine étape est 2010 où nous achèverons un nouveau cycle de négociation. La France se mobilise dès maintenant pour franchir un palier significatif vers des normes de NOx plus strictes encore.», conclut Philippe Ayoun.