"Il faut cultiver notre jardin"

Histoire de la nature en ville, des Lumières à la Révolution française

​Conférence du 19 mai 2017 à 19h

​Les villes du XVIIIe siècle, marquées par une croissance démographique considérable, voient de nouveaux questionnements surgir : comment préserver la qualité de vie dans un environnement qui se densifie ? Quel peut être le rôle des jardins, des espaces verts et des places publiques dans la circulation de l'air face aux premières pollutions ? Comment les jardins s'inséraient-ils dans le tissu urbain ?

Pendant que les encyclopédistes se réunissaient sous l'arbre de Cracovie au Palais-Royal ou sur la terrasse des Feuillants aux Tuileries, que la prostitution, le commerce informel du livre et la contrebande alimentaire fleurissaient comme jamais dans les jardins publics, un nouveau rapport à la nature urbaine et à l'environnement voyait le jour. Le développement des jardins botaniques et des herborisations permettait de mieux cerner les frontières du territoire métropolitain par sa flore, tandis que l'acclimatation des plantes étrangères devenait un impératif majeur. Pendant la Révolution française, la nature des jardins publics changeait progressivement, et dans la lignée des préconisations du mouvement physiocratique, leur luxe ostentatoire devait céder la place à l'utilité publique et agronomique, si bien que dans les jardins des Tuileries et du Luxembourg, il fallait remplacer les plantes d'ornement par des tubercules de pomme de terre et des légumes !

Les jardins étaient aussi à bien des égards un laboratoire des conflits urbains, et leur histoire a beaucoup à nous enseigner : des débats houleux pour l'appropriation de l'espace jardinier face aux débordements de la ville se manifestaient avec vigueur, et les riverains des jardins n'étaient pas tous d'accord sur l'usage qu'il fallait faire de ces nouveaux espaces, sans compter que les institutions devaient constamment arbitrer entre les hommes, les végétaux et les animaux.

À l'heure où la plupart des villes se lancent dans des projets de végétalisation ou de re-naturalisation, le détour par l'histoire de cette ville oubliée nous éclairera sur les enjeux d'une bonne gouvernance.

 

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>> Le conférencier

Jan SYNOWIECKI

Après des études d'histoire à l'université de Paris-Est Marne-la-Vallée et à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm où il passe l'agrégation d'histoire, Jan Synowiecki s'engage en 2014 dans une thèse de doctorat d'histoire moderne portant sur la place des jardins parisiens au XVIIIe siècle dans la construction de la culture et de la nature urbaine des Lumières.

Passionné par l'histoire des jardins, des paysages et des villes, il anime fréquemment des conférences sur ces thématiques de recherche, convaincu que cultiver son jardin, c'est aussi transmettre ces savoirs en cours d'élaboration...